Installées entre Languedoc et Provence, c’est vers la Provence, pour leurs traditions, festivités et folklore que ce sont tournées les communes de la « Petite Camargue ».
Si les composantes principales de ce que l’on qualifie aujourd’hui de « traditions » ont toujours existé, telles que le taureau, le cheval et leurs élevages, le gardian, les jeux, ce n’est qu’à partir du début du 20ème siècle qu’elles constitueront la « marque » d’un territoire, d’une « nation camarguaise » initiée par un homme, celui que l’on dénommait : « lou Marquès », à savoir Le marquis Folco de Baroncelli Javon
Le marquis de Baroncelli Javon
Folco de Baroncelli est né à Aix en Provence en 1869, mais est élevé surtout au Château de Belle-Coste, près de Bouillargues. Amoureux de la Camargue, inquiet sur l’avenir incertain des races pures de taureaux, il crée la « manade Santenco ». Dès 1902 il a l’idée de la création d’une nation provençale qui pour naître et vivre, doit avant tout codifier ce qui la fait se lever : sa culture fondée sur le culte du taureau et les traditions chevaleresques du « gardiannage ». Pour cela en 1909, il mettra en place un ordre moderne de chevalerie : La Nacioùn Gardiano qui œuvre depuis pour la défense et la représentation du peuple camarguais. 1943, celui que l’on nommait dès lors « le marquis », s’éteindra, mais sa cause perdure.

La « Coupo Santo »…
L’origine de la coupe remonte à 1867 : le poète Catalan Victor Balaguer est exilé de son pays. Les provençaux l’accueillent comme un frère. En reconnaissance de cette hospitalité, l’artiste offre une coupe à ses bienfaiteurs. Elle inspirera Frédéric Mistral qui écrira ce qui deviendra l’hymne du Félibrige, celui de la nation camarguaise : la Coupo Santo. La musique, quant à elle est reprise d’un chant de Noël de Nicolas Saboly, composé au XVIIème siècle.
Le taureau Camargue.
Sa présence, dans les marais de Camargue a été relevée depuis la plus haute antiquité. Mais ses caractéristiques naturelles l’ont toujours prédisposé plus au jeu et à la course, qu’au travail et à la production de viande. Le livre généalogique de la « Raço di Bioù » a été agréé en août 1999 . L’aire de l’élevage du taureau Camargue est une zone comprise entre le littoral, Montpellier, Tarascon et Fos-sur-Mer. Une zone de transhumance l’hiver s’étend plus au Nord, dans les Garrigues situées sur les Alpilles et les premiers contreforts des Cévennes. La race compte environ 15000 à 20000 têtes, réparties sur plus de 150 manades (élevages) dont au moins la moitié ont un effectif de plus de cent bêtes.
La Croix de Camargue.
Créée dans les années 1920, par le dessinateur Paul Herman (1874-1940), la croix lie les symboles représentant la foi (la croix), l’espérance (l’ancre de marine) et la charité (le coeur).
Le tout est orné de tridents à ses extrémités.
Le cheval Camargue et la race.
Si son ancienneté est probablement comparable à celle du taureau Camargue, ce n’est qu’en 1978 que la race est officiellement reconnue grâce au travail de l’Association des Eleveurs de Chevaux de Race Camargue. Le cheval Camargue se limitait autrefois à une activité
agricole et pastorale ; mais de plus en plus largement reconnues, ses qualités ont pu élargir son utilisation aux loisirs et aux sports. S’il demeure en Camargue la composante des fêtes traditionnelles, le cheval Camargue demeure surtout le précieux auxiliaire des gardians pour la conduite et la maîtrise des troupeaux de taureaux.